Abdelhak Najib et les Éditions Orion censurés par la France

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fr.Agadir 24 /Par Imane Kendili

Il était clair qu’après toutes ces années d’analyses et d’enquêtes sur les soubassements de la politique française à l’égard du Maroc, avec moult révélations, chiffres à l’appui, sur les attaques gratuites et ciblées des autorités françaises et de certains médias à leur solde, les instances françaises, qui avaient déjà dans leur collimateur, l’écrivain et journaliste, Abdelhak Najib, à cause de ses points de vue très critique à l’égard de l’Elysée, devaient franchir un palier dans leur hostilité contre le penseur marocain, qui n’a eu de cesse de dénoncer les actes et agissements agressifs d’une France qui a désigné le Royaume comme ennemi, une haine accrue avec l’avènement de l’ère Macron.

Dans ce sens, la lettre ouverte au Président de la République française, Emmanuel Macron, écrite par l’écrivain et journaliste marocain, Abdelhak Najib, publiée par plusieurs journaux marocains et reprise en grande diffusion à travers les réseaux sociaux et les relais médiatiques et académiques au Maroc, en Afrique et en Europe, a fait mouche. Cette lettre a touché là où cela fait mal, là où le bât blesse, avec un message clair et limpide de la part, d’abord du citoyen Abdelhak Najib, avant le penseur et le défenseur des droits de l’homme, qui a pris sa plume, comme il le fait depuis trois décennies, pour dénoncer les attaques abjectes de certains médias français contre le Maroc, suite au séisme qui a secoué le pays, alors que les Marocains essayaient de vivre leur deuil en inhumant leurs morts. La lettre a mis l’accent sur toutes les erreurs françaises, surtout celle du président de la république, qui a multiplié les glissades et les écarts allant d’une erreur à l’autre, ce qui nous a poussé, au sein de la rédaction de La Vérité de titrer pour notre dernière livraison : «L’erreur fatale de l’Élysée», avec en Couverture, une image de Emmanuel Macron s’adressant au peuple marocain, dans un irrespect à la fois indigne et insultant de la part d’un chef d’État, qui est censé faire preuve de retenue, de diplomatie et de bon sens.

L’analyse faite par Abdelhak Najib a mis le curseur sur tous les dérapages français depuis que le président Macron est aux commandes. L’auteur a passé en revue toutes les débâcles de la république. D’abord en Afrique où la France a perdu son pré-carré et où Paris a été supplanté par Rabat, qui propose aux pays africains une vision de partenariat gagnant-gagnant, basé sur le respect et l’estime réciproque traitant d’égal à égal avec tous ses partenaires pour l’essor commun des Africains. Une politique marocaine en parfaite opposition à celle de la France, qui, depuis des siècles, exploite l’Afrique et les Africains en les appauvrissant chaque génération davantage. Cela a aussi fait l’objet d’une analyse intitulée : «Comment la France ponctionne l’Afrique», toujours signé par Abdelhak Najib, avec une lecture au détail près, avec des chiffres et des données documentés pour montrer à quel point la politique française bloque le développement des pays africains en les divisant, en fomentant des coups d’État, en pillant les ressources naturelles de plusieurs pays, avec tous les scandales que l’on connaît, liés au pétrole, à l’uranium, au bois, à l’or, au diamant et autres terres rares dont regorge le sol africain et que la France veut exploiter et fructifier en en privant les Africains.

La lettre a touché dans le mile le cœur du conflit larvé entre Rabat et Paris quand Abdelhak Najib revient sur le soutien de Paris à Alger contre Rabat dans l’affaire du Sahara marocain. Là encore, les arguments sont solides et le propos cinglant. Cela a également donné corps à une autre enquête pointue et efficace, intitulée : «France, Algérie, Tunisie : le triangle du mal». Limpide. Droit au cœur des jeux et des enjeux de la realpolitik et de la géostratégie régionale d’un Maghreb impossible à naître, justement à cause de la politique à plusieurs visages de Paris, qui sème la division non seulement entre ces trois pays, mais dans toute la région du Sahel, comme l’a si bien expliqué Abdelhak Najib, dans son analyse, d’ailleurs reprise par plusieurs de nos confrères.

Cela continue, avec la même acuité quand Abdelhak Najib publie son livre bestseller, préfacé par l’écrivain et journaliste défunt Abdallah El Amrani, qui a travaillé avec l’auteur pour mettre au point un ouvrage politique ficelé et solide sur la fin de cycle d’une France aux abois, une république malade, agonisante, qui traîne plusieurs pathologies et plusieurs maux, avançant droit dans le mur. Ce livre coup de poing porte le titre, très clair : «France, la fin des illusions», paru aux Éditions Orion qui font aujourd’hui les frais des autorités françaises qui ont dicté son interdiction de tous les réseaux culturels des ambassades de France. Cela touche Abdelhak Najib et les éditions Orion qui ont publié la majorité des 60 livres de l’auteur. C’est dans la continuité de cet ouvrage que Abdelhak Najib a publié un dossier corsé, intitulé : «La France rime avec Violence», suite aux émeutes sanglantes qu’a connu la république après le meurtre d’un jeune maghrébin. Encore une fois, l’auteur touche là où ça fait très mal : racismes, violences urbaines, instrumentalisations religieuses, mensonges d’État, xénophobie, haine de l’Islam, des Arabes et de tous les immigrés, avec une politique qui vire extrême droite tous azimuts, une politique de la division, de la haine et de la discorde que le journaliste décortique depuis plusieurs années en faisant son travail d’informer, sans jamais diffamer, blesser ou heurter les populations françaises, mais en disant leurs quatre vérités aux responsables politiques d’une France qui a fait du Maroc son ennemi à abattre, coûte que coûte.

Aujourd’hui, un écrivain marocain est cloué au pilori par les autorités françaises, dans un déni de cette fameuse liberté d’expression dont nous gavent certains médias et une grande partie d’une classe politique française, qui a fait sienne cette surannée tactique de deux poids, deux mesures. Ridicule et abjecte. Ignoble et indigne de censurer plus de quarante auteurs marocains et étrangers travaillant avec cette maison d’édition qu’est Orion, qui, depuis sa création, a marqué le paysage de l’édition au Maroc, en Afrique, au Moyen -Orient et ailleurs, avec des ouvrages solides, avec des auteurs crédibles, avec des traitements sans compromis ni compromissions. Et c’est justement cela qui a profondément dérangé les autorités françaises : l’indépendance des Éditions Orion, leur liberté de ton, leur audace, leur engagement pour leur pays, le Maroc, envers et contre tous, à ‘image de Abdelhak Najib, qui a ouvertement répondu aux médias français, qui a levé le voile sur les micmacs à la française, qui a dévoilé toute la supercherie d’une politique française résolument hostile au Maroc, en allant au charbon et en assumant ses responsabilités d’écrivain et de journaliste au service de son pays.

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