Chtouka Aït Baha Que se passe-t-il au littoral ?

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fr.Agadir 24/Saoudi El Amalki

 

Il y a juste quelque temps, le long du littoral du côté de Tifnit, de façon quasi inopinée, l’opération de démolition des constructions se déclenchait à brides abattues pour renvoyer ces lieux aux calendes grecques. La décision qui tombe du ciel et personne n’en sait rien, a bien suscité un grand tollé au sein des populations locales, face à ces destructions dévastatrices.

On ne communique pas et maintient l’énigme planer dans les esprits des victimes parmi les citoyens écœurés par ces mesures drastiques. On fait savoir dans l’opacité qu’il est question d’un projet de réaménagement du site pour y monter un chantier à vocation touristique de haut standing. Soit.

Mais, autant le faire dans la clarté et l’équité envers les ayant-droits qui depuis des lustres, s’approprient ces terres en possession des documents justifiant leurs biens fonciers. A priori, nul ne saurait s’opposer à des réalisations à utilité publique sur ces endroits à haute opportunité d’investissement dont les retombées économiques seraient bénéfiques sur la région.

Cependant, il est loisible de s’y prendre dans le respect total des lois en vigueur, notamment la procédure légale de l’expropriation et le recours à l’indemnisation des plaignants aussi bien dans les communes de Sidi Bibi que Inchaden et leurs environs.

La sourde oreille qu’on exerce actuellement avec les victimes de manière directe ou à travers les représentants dans les collectivités, ne serait en aucun cas, une solution à la problématique qui attise les tensions dans le camp des petits pêcheurs et des propriétaires des superficies immobilières. Il serait plus sage de tisser des dialogues avec toute la population en vue de trouver, dans l’apaisement et la sérénité, les alternatives qui s’imposent. Il faudra bien dire que l’indignation populaire ne concerne pas uniquement cette partie attractive de Tifnit, mais s’étend sur toute la zone de l’oued Massa à l’oued Souss sur une ceinture littorale d’une soixantaine de kilomètres.

Certes, la zone de Tifnit, en tant que pôle d’attraction prisé de tourisme et de cinéma, avec pas moins de sept films internationaux, est la plus citée à ce propos.

De surcroît, cette zone huppée à l’échelon national et mondial est aussi connue par son village de pêcheurs, son petit commerce et son animation faisant d’elle une destination à grande affluence.

Il aurait donc fallu procéder autrement au lieu d’ignorer tout cet entrain, à plus forte raison si on vise promouvoir cette zone déjà mondialement reconnue. Il serait judicieux d’intégrer ces citoyens dans la mise en avant ledit projet touristique en perspective, les indemniser tout d’abord, bref les mettre au courant de ce qui va se passer dans leur propre contrée.

Au fait, l’objectif de tout projet ou investissement, se devrait avant tout cibler le citoyen et son bien-être. Or, rien n’a été fait dans toute cette démarche précipitée et entachée d’exclusion ! Mais aussi, les citoyens de la province, en particulier les franges en précarité, se plaignent cruellement des abus et de menaces de l’Autorité dont l’épée de Damoclès est constamment levé sur leur cou.

Les gens sont dépossédés des clôtures de leur cheptel et de leur terre agricole qui sont leur seule ressource de survivance. Personne n’a le droit de construire ni posséder encore moins se permettre d’étendre en nette contradiction avec les orientations issues du discours Royal du 12 octobre 2018 et avec les résolutions du colloque de Skhirate, tenu en 2012 autour du développement rural, visant à promouvoir les petites entreprises agricoles et encourager la paysannerie à se relever dans le but d’assurer la fixation des citoyens dans leurs terres. Au lieu donc de suivre cette approche humaine et sociale, des barons du foncier se lancent dans des opérations de conservation de terrains en connivence avec l’oligarchie administrative au détriment des ayant-droits qui ont possédé et exploité leur propriété durant des décennies voire des siècles, de père en fils, avec tous les documents des adouls livrés à cet effet. Il va falloir alors restituer cette situation qui sent le roussi dans la province de Chtouka Aït Baha, en ouvrant l’enquête sur les lieux et cessant de se comporter en tyrannie avec les citoyens.